Séminaires transversaux de l'École doctorale

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2020-2022

Genres et sexualités dans la culture moderne et contemporaine (XIXe-XXIe siècles)

 
Programme : Il s’agit d’interroger, dans les discours, dans les œuvres et dans les pratiques, contemporaines ou de la modernité, les représentations du féminin et/ou du masculin, les places et les rôles des hommes et des femmes, leurs relations, ainsi que les troubles éventuels dans les partages «évidents»ou dans les différenciations traditionnelles ou instituées. Les chercheurs et chercheuses programmé.e.s travailleront en toute liberté sur ce thème à partir de leurs disciplines et de leurs corpus privilégiés, en articulant, comme ils et elles le souhaitent, approche poétique, esthétique, communicationnelle, philosophique, historique, etc., et lecture critique et politique. Ils et elles pourront, par exemple, au sein des productions culturelles (littérature, arts, médias, discours philosophiques) modernes et contemporaines, interroger les normes véhiculées, transgressées ou subverties, mettre en évidence les idéologies ou les politiques qui innervent les dispositifs, les formes et les représentations. Ils et elles pourront montrer en quoi les objets ou phénomènes étudiés reflètent, reconduisent, critiquent ou réinventent le genre, ou encore, à travers des approches intersectionnelles et queer, l’articulation entre le genre et les sexualités;il sera bien évidemment possible, au-delà de cette relation entre genre et sexualités, de décrire, d’interroger ou de critiquer d’autres catégories et binarités qui irriguent nos manières de penser et de sentir.

Séance 1 → Lundi 11 janvier 2021
Thérèse COURAU et Marie-Agnès PALAISI (CEIIBA) « Genre, sexualités et productions artistiques en Amérique latine »
Nous proposons, dans le cadre de cette séance, d’aborder la question de la place des pratiques artistiques dans la bataille symbolique pour la reconnaissance qu’engagent les politiques de la représentation queer/cuir en Amérique latine, notamment en termes de (désin)visibilisation des minorités sexuelles et de production d’identités politiques stratégiques. Nous aborderons plus spécifiquement le cas du Mexique et de l’Argentine à partir du travail de deux des figures contemporaines de la dissidence sexuelle en Amérique latine, les théoriciennes, écrivaines et performeuses Sayak Valencia (Mexique, 1980) et Val flores (Argentine, 1973). À partir de ce corpus, nous chercherons à repérer quelques enjeux des pratiques artistiques cuir dans la réappropriation des processus de subjectivation par les mouvements de la dissidence sexuelle et dans la rematérialisation empowering des corps, des affects et des formes de vie minoritaires dans l’espace public.

Séance 2 → Lundi 18 janvier 2021
Christine PLANTÉ (Université Lyon 2, LIRE XVIIIe-XIXe siècles) « Femmes et esclavage dans la littérature française du XIXe siècle. »
La situation des femmes dans la famille et la société a été souvent décrite, au 19e comme au 20e siècle, à travers une analogie avec celle des esclaves. On a aussi observé que des femmes étaient très présentes parmi les premiers auteurs ayant traité de l’esclavage, dans la littérature française (et plus généralement européenne), dans la période où se développent les mouvements abolitionnistes (Olympe de Gouges, L’Esclavage des Noirs ou l’heureux naufrage, 1792 ; Mme de Duras, Ourika, 1823), avant même le retentissement international de La Case de l’oncle Tom (Harriet Beecher Stowe, Uncle Tom’s Cabin, 1852), qui connaît aussitôt de multiples traductions, dont plusieurs en français.On reviendra d’une part sur la place des femmes comme auteures et comme personnages, et sur la représentation des rapports de genre dans la littérature de fiction sur l’esclavage (fin XVIIIe et début XIXe siècles), en évoquant le débat critique autour d’une éventuelle spécificité de la production littéraire féminine (Doris Y. Kadishand Françoise Massardier-Kenney, Translating Slavery VoL I Gender and Race in French Abolitionnist Writing, 1780-1830, Second ed., The Kent State University Press, 2009 ; Chris Miller, The French Atlantic Triangle : Literature and Culture of the Slave Trade, Duke University Press, 2008) ; d’autre part sur les métaphores de l’esclavage et de l’affranchissement, et ce qu’elles impliquent.
 
Fabienne BERCEGOL (PLH) « Enjeux genrés de la chasse dans le roman français du XIXe siècle. »
À partir d’un corpus romanesque de la première moitié du XIXe siècle (fictions de Marceline Desbordes-Valmore et de George Sand principalement), nous montrerons comment la séquence de la chasse met au jour l’imaginaire social de la féminité et de la virilité, contribue au procès des mariages arrangés et devient le lieu d’une véritable guerre des sexes.

Séance 3 → Lundi 8 février 2021
Hourya BENTOUHAMI (ERRAPHIS) « Relire Judith BUTLER. Critique du genre et mélancolie raciale »
Il s’agira de revenir sur le travail d’élaboration de la conceptualisation du genre chez Judith Butler en la resituant et en la recontextualisant au sein des dialogues qu’elle noue avec les théoriciennes et théoriciens critiques de la race. Ainsi ses concepts-clés comme celui de performativité, de mélancolie, de mort sociale doivent beaucoup à ses dialogues, qui ont pu être sous-estimés, voire ignorés dans la réception des œuvres de la philosophe dans le champ francophone.

Séance 4 → Lundi 8 mars 2021
Muriel PLANA et Saul PANDELAKIS (LLA-CREATIS) « Fictions queer/Design queer »
Dans la continuité des approches esthético-politiques mises en œuvre depuis 2013 au sein du laboratoire LLA-CREATIS et de recherches collectives ou personnelles dans le champ des études de genre et des études queer (Esthétique(s) queer, Corps troublés, Fictions queer...), les deux interventions, l’une proposée par une chercheuse en études théâtrales et l’autre par un chercheur en design, porteront sur des objets culturels spécifiques (la fiction, en arts du spectacle mais aussi en littérature, et le design) sous l’angle de l’articulation entre les formes et des logiques de création et de réception, mais aussi d’usage.On s’efforcera de définir et de discuter, à partir d’un certain nombre de propositions théoriques et d’exemples artistiques ou pratiques, ce que peuvent être une fiction queer, une pratique queer, un objet queer ici et maintenant.

 

 Littérature de voyage


Programme : Longtemps considérée comme une sous ou para-littérature, constituée pour l’essentiel de journaux, récits brefs, comptes-rendus ou de correspondance, la littérature de voyage fait au contraire de nos jours l’objet d’une réflexion critique qui cherche à comprendre les mécanismes d’une écriture qui, si elle se fonde a priori d’abord sur une expérience, celle du voyage, ne s’affranchit néanmoins pas des éléments constitutifs de toute littérature : références littéraires, citations, volonté d’intéresser le lecteur, etc. Ainsi existe-t-il par exemple un Centre de Recherche sur la Littérature de Voyages (CRLV) par exemple à l’Université d’Aix-Marseille. Les éditeurs et les libraires aussi l’ont bien compris et proposent de nos jours une classification intéressante comme celle de «classiques de la littérature de voyage». L’objectif de ce séminaire sera de proposer aux doctorants une vision diachronique et pluriculturelle des formes de la littérature de voyage, pour en dégager les constantes qui en constituent le genre.

Séance 1 → Jeudi 4 mars 2021
Philippe MAUPEU (PLH) « Les voyages allégoriques aux XIII-XVe siècles »
 
Séance 2 → Jeudi 11 mars 2021
Jean-Luc NARDONE (IL LABORATORIO ) « Guides de pèlerinage et récits de voyage aux XVIe et XVIIe siècles »
 
Séance 3 → Jeudi 18 mars 2021
Emilie CADEZ (CEIIBA) « Voyageurs et écrivains au Texas au XVIIIe siècle »
 
Séance 4 → Jeudi 25 mars 2021
Dirk WEISSMANN(CREG) « Voyage et littérature : de Goethe à Elias Canetti »

2019 - 2021


La retraduction: lieu et moment d’interprétation. Pour une histoire culturelle de la subjectivité en retraduction

Programme : La retraduction est fille de la subjectivité, cette subjectivité étant elle-même fille de l’histoire : elle est « lieu et moment d’interprétation » comme le soulignait Yves Gambier en 1994 dans sa remise en question de l’hypothèse de retraduction d’Antoine Berman.
Ce séminaire doctoral pluridisciplinaire propose de saisir la retraduction comme une pratique et un objet historiques et subjectifs à délier de la vision téléologique qui fait de chaque retraduction une étape dans la poursuite d’un Graal qui reposerait sur ce mouvement spiralé qu’est le retour idéalisé à l’origine, au texte originel, et de dépasser l’idée d’un vieillissement des traductions qui ne suffit plus à justifier la série retraductive dès lors que le préjugé sur lequel elle repose vacille : les originaux ne restent pas éternellement jeunes. L’historicité du canon et la pratique de (re)lecture au cœur de la retraduction interrogent les séries retraductives et les retraductions en réseaux dans leur lien à l’ouverture des œuvres et à leur pluralité discursive. Comme détour et reprise, la retraduction se déploie tel un espace critique qui engendre sa propre réflexion. Repenser la retraduction des œuvres littéraires et des sciences humaines et sociales dans son histoire et son insertion dans le champ des savoirs permet également de réintégrer le retraducteur dans une approche traductologique polysystémique.

Plaisir de la variation dans la conformité, renouvellement des traces dans la mémoire culturelle, défi subjectif lancé au canon, la retraduction s’impose comme espace d’hybridation synchronique et diachronique. Les conférences de ce séminaire s’efforceront de découvrir ces lieux et moments historiques de la pratique, de la théorisation et de la critique des retraductions au prisme de la part et des effets de la subjectivité du retraducteur.


Séance 1 → Vendredi 19 février 2021

Jean-Christophe GODDARD (Université Toulouse Jean Jaurès, Équipe de Recherche sur les Rationalités Philosophiques et les Savoirs - ERRAPHIS)


Séance 2 → Vendredi 26 mars 2021

Pierre-Yves BOISSAU (Université Toulouse Jean Jaurès, Lettres Langages et Arts - LLA-CREATIS)


Séance 3 → Vendredi 23 avril 2021

Dirk WEISSMANN (Université Toulouse Jean Jaurès, Centre de Recherche et d’Études Germaniques - CREG) : « La traduction homophonique : retraduire contre le sens? »


Séance 4 → Vendredi 21 mai 2021

Carole FILLIERE (Université Toulouse Jean Jaurès, Lettres Langages et Arts - LLA-CREATIS) : «Relectures et retraductions : entre trahison et plaisir du texte »
 

Formes et fonctions du végétal dans les arts. Des processus de création aux modèles de réflexion

Programme : Cette proposition de séminaire prend acte du tournant écologique qui impacte fortement, depuis une quinzaine d’années, le domaine artistique (arts visuels, arts de la scène, cinéma) et renouvelle en profondeur les pratiques de recherche des sciences humaines et sociales. Cette dynamique écologique ne se développe pas seulement dans le sens d’une reconsidération du vivant dans le champ des sciences humaines, mais manifeste aussi un transfert de méthodes et d’épistémés issus des sciences écologiques, qui irrigue le champ des sciences humaines, notamment celles qui s’intéressent aux arts. Ce séminaire ne vise pas à considérer la nature, l’écologie, l’environnement comme des objets d’étude ou de représentation, ni à appréhender des objets artistiques qui usent de substances vivantes (bioart, etc.), mais il prévoit de repérer, parmi les non-humains, en l’occurrence les végétaux, des formes d’organisation, des fonctions et des modèles qui peuvent fonctionner comme des outils heuristiques et des opérateurs esthétiques permettant de penser des formes de création spécifiques, dans les champs des arts de la scène, des arts visuels et du cinéma.