Anciens séminaires transversaux

La retraduction : lieu et moment d’interprétation. Pour une histoire culturelle de la subjectivité en retraduction

La retraduction est fille de la subjectivité, cette subjectivité étant elle-même fille de l’histoire : elle est « lieu et moment d’interprétation » comme le soulignait Yves Gambier en 1994 dans sa remise en question de l’hypothèse de retraduction d’Antoine Berman.
Ce séminaire doctoral pluridisciplinaire propose de saisir la retraduction comme une pratique et un objet historiques et subjectifs à délier de la vision téléologique qui fait de chaque retraduction une étape dans la poursuite d’un Graal qui reposerait sur ce mouvement spiralé qu’est le retour idéalisé à l’origine, au texte originel, et de dépasser l’idée d’un vieillissement des traductions qui ne suffit plus à justifier la série retraductive dès lors que le préjugé sur lequel elle repose vacille : les originaux ne restent pas éternellement jeunes. L’historicité du canon et la pratique de (re)lecture au cœur de la retraduction interrogent les séries retraductives et les retraductions en réseaux dans leur lien à l’ouverture des œuvres et à leur pluralité discursive. Comme détour et reprise, la retraduction se déploie tel un espace critique qui engendre sa propre réflexion. Repenser la retraduction des œuvres littéraires et des sciences humaines et sociales dans son histoire et son insertion dans le champ des savoirs permet également de réintégrer le retraducteur dans une approche traductologique polysystémique.
Plaisir de la variation dans la conformité, renouvellement des traces dans la mémoire culturelle, défi subjectif lancé au canon, la retraduction s’impose comme espace d’hybridation synchronique et diachronique. Les conférences de ce séminaire s’efforceront de découvrir ces lieux et moments historiques de la pratique, de la théorisation et de la critique des retraductions au prisme de la part et des effets de la subjectivité du retraducteur.

Intervenant·e·s :
Jean-Christophe GODDARD (ERRAPHIS) Pierre-Yves BOISSAU (LLA-CREATIS) Dirk WEISSMANN (CREG) Carole FILLIERE (LLA-CREATIS)


Formes et fonctions du végétal dans les arts. Des processus de création aux modèles de réflexion

Cette proposition de séminaire prend acte du tournant écologique qui impacte fortement, depuis une quinzaine d’années, le domaine artistique (arts visuels, arts de la scène, cinéma) et renouvelle en profondeur les pratiques de recherche des sciences humaines et sociales. Cette dynamique écologique ne se développe pas seulement dans le sens d’une reconsidération du vivant dans le champ des sciences humaines, mais manifeste aussi un transfert de méthodes et d’épistémés issus des sciences écologiques, qui irrigue le champ des sciences humaines, notamment celles qui s’intéressent aux arts. Ce séminaire ne vise pas à considérer la nature, l’écologie, l’environnement comme des objets d’étude ou de représentation, ni à appréhender des objets artistiques qui usent de substances vivantes (bioart, etc.), mais il prévoit de repérer, parmi les non-humains, en l’occurrence les végétaux, des formes d’organisation, des fonctions et des modèles qui peuvent fonctionner comme des outils heuristiques et des opérateurs esthétiques permettant de penser des formes de création spécifiques, dans les champs des arts de la scène, des arts visuels et du cinéma.
Intervenant·e·s :
Flore GARCIN-MARROU (LLA-CREATIS) Sophie LECOLE-SOLNYCHKINE (Département Arts Plastique - Design) Vincent SOULADIE (PLH-ELH) Aline WIAME (ERRAPHIS)


Art(s) et littérature(s)

L’objectif du séminaire est d’explorer les articulations qui peuvent être signifiantes ente le monde des arts (et les artistes) et l’écriture (littéraire) dans une perspective diachronique qui prendra en compte tant les premières réflexions proposées dès la Grèce antique par Platon et Aristote qu’une lecture contemporaine de ces croisements au XXIe siècle. Une attention particulière est portée à la variété des aires culturelles, qui pour ce séminaire seront grecque, latine, italienne, allemande et anglo-saxonne.
Intervenant·e·s :
Valérie VISA ONDARCUHU (PLH-CRATA) Sophie LECOLE-SOLNYCHKINE (LARA-SEPPIA) Jean-Luc NARDONE (IL LABORATORIO) Murie ADRIEN (CAS)


Nouvelles mythologies et expérimentations narratives

Comment et pourquoi raconter des histoires, de nouveau, aujourd’hui ? Après que les Mythologies de Roland Barthes (1957) ainsi que La Condition postmoderne de Jean-François Lyotard (1979) ont amorcé une méfiance pour les récits et les mythes, accusés d’être forcément globalisants et promoteurs d’une idéologie dominante, vouée à cristalliser l’ordre social, ne serions-nous pas en train d’amorcer un nouveau mode de rapport à la narration, qui rendrait à nouveau possible d’articuler des histoires, d’autres histoires ? Ce retour de la narration et du mythe s’affirme aujourd’hui comme une tendance marquée dans les arts et les sciences humaines et sociales (SHS). Le séminaire développera quatre perspectives sur la question des mythologies et des nouvelles pratiques narratives : les études théâtrales, les arts plastiques, la sémiologie et la philosophie. Loin de cloisonner ces perspectives, il cherchera à montrer la nécessité de les faire dialoguer.
Pour la deuxième année de ce séminaire, les quatre intervenantes travailleront sur une problématique commune, liée à l’actualité. Les arts de la scène, les arts plastiques, les médias et la philosophie sont aujourd’hui traversés par un « retour de la morale », théorisée récemment par la philosophe Carole Talon-Hugon (L’Art sous contrôle, PUF, 2019). Si les œuvres et les images de notre post-modernité se revendiquent volontiers comme politiques, elles ne font pas forcément le choix de créer du dissensus, mais plutôt de délivrer des messages moralisateurs sur l’état de notre monde. Pourquoi le politique se traduit-il aujourd’hui par la tentation de la morale, qui traduit le monde en termes de bien/mal, émancipateur/réactionnaire, conservateur/progressiste… ? Nous nous attacherons à tracer les contours du retour de la morale mais aussi, les tentatives d’y échapper, par des expérimentations narratives nouvelles.

Intervenantes :
Axe Sémiologie, avec Giuseppina SAPIO (LERASS)Axe études théâtrales, avec Flore GARCIN-MARROU (LLA-CREATIS)Axe Philosophie, avec Aline WIAME (ERRAPHIS)Axe Arts plastiques, avec Aurélie HERBET (LLA-CREATIS)


La question de la métaphore

La fortune théorique de la métaphore tient sans doute à ce que cette figure se tient à l'intersection de plusieurs champs épistémologiques ou discursifs dont elle assure l'articulation : la rhétorique et la poétique, qui sont en quelque sorte ses lieux d'origine ; la philosophie du langage et la métaphysique, dont elle permet bien souvent de penser les imbrications et les déterminations réciproques ; l'esthétique qui fait volontiers de la métaphore la figure de conversion d'un ordre esthétique dans un autre ; la sémiotique dès lors que plusieurs systèmes l'érigent en opérateur privilégié des transcodages. De fait, la notion de métaphore entre en jeu dès que l'on tente de formaliser les rapports des langages verbaux et visuels avec le sens.
La question du sens sera donc au centre du séminaire ici proposé, selon deux lignes dominantes d'enquête. D'une part seront évoqués quelques-uns des principaux paradigmes théoriques par lesquels a été construite et formalisée la notion de métaphore, d'Aristote aux modèles contemporains. Il s'agit d'autre part de mener une réflexion, en continuité avec la première ligne d'enquête, sur la construction du sens dans les métaphores cognitives, littéraires, philosophiques ou mystiques. Deux séances, pilotées respectivement par Julie Casteigt et Christophe Imbert, seront consacrées à ce questionnement. Un fil conducteur privilégié de la réflexion sera La Métaphore vive de Paul Ricœur, entreprise théorique importante qui fournira une base de discussion critique.
Une séance de réflexion collective, pilotée par les trois intervenants et largement ouverte aux questions et aux suggestions des doctorants, clôturera le séminaire.

Intervenant·e·s :
Julie CASTEIGT (Département Philosophie) Patrick MAROT (PLH-ELH) Christophe IMBERT (LLA-CREATIS, ELIRE)


Régimes de vérité

2016-2017 Antiquité – Renaissance – Age classique
2017-2018 Antiquité – Modernité

Ce séminaire entreprend de mettre à l’épreuve d’un empan allant de l’Antiquité à la fin du XVIIe siècle la notion de « Régimes de vérité » présente dans l’œuvre de Michel Foucault. L’expression, qui fait son apparition vers 1976, sera reprise dans les cours au Collège de France entre 1980 et 1984. Elle concourt à approfondir l’historicisation du monde discursif et la discontinuité entre les époques, par l’examen des multiples façons dont les hommes ont cherché à dire et à transmettre la vérité.
Si Foucault l’a tout particulièrement envisagée dans l’Antiquité, il n’a pas épuisé sa fécondité à cette période, ce qui est d’autant plus valable pour la Renaissance et l’Âge classique, qu’il avait abordés dans ses premières grandes œuvres. Dans une perspective naturellement interdisciplinaire, il s’agira donc de déployer au maximum la cartographie des « régimes de vérité » disponibles pour chaque période considérée, au travers de plusieurs dispositifs — discours (énonciation, forme, lexique), figurations plastiques —, relevant de plusieurs disciplines (philosophie, littérature, arts visuels ou sciences exactes).

Intervenant.e.s :
Véronique ADAM (PLH-ELH) Olivier GUERRIER (IL LABORATORIO) Létitia MOUZE (ERRAPHIS)


La matière médiévale dans les arts et la littérature : résurgence, détournement, réappropriation.

Le lointain Moyen Âge, longtemps méprisé et occulté comme âge de ténèbres et de violence, puis redécouvert en France à l’époque romantique, s’est rapproché de notre modernité jusqu’à devenir pour ainsi dire à la mode (chaque année, 600 fêtes et spectacles à thème médiéval sont organisés en France). Il vaut donc la peine d’interroger ce phénomène de « médiévalisme » (par décalque de l’anglais medievalism) en vertu duquel le Moyen Âge, ses codes et ses textes se trouvent réactivés en littérature, dans les arts figuratifs et à la télévision. Comment ces réappropriations s’effectuent-elles, pour quelles raisons, avec quels effets ? Dans quelle mesure cette matière si ancienne est-elle encore ferment de création et de nouveauté ? Puisque les modernes sont les héritiers, inconsciemment ou non, d’un Moyen Âge (imité, dépassé, critiqué, etc.), il s’agira moins d’enquêter sur les sources médiévales en tant que telles que de se situer dans une perspective de réception pour comprendre ce que le Moyen Âge signifie pour nous.
Intervenant·e·s :
Amaia ARIZALETA (CEIIBA) Florence BOUCHET (PLH-ELH) Christophe IMBERT (LLA-CREATIS) Jean-Luc NARDONE (IL LABORATORIO)


Genre et cultures : œuvres de rupture.

Ce séminaire interdisciplinaire propose une étude sur le genre - dans un sens large qui comprend à la fois l’écriture des femmes et le genre dans l’écriture ou le produit culturel en général - dans des domaines contemporains, sous un angle qui vise à montrer la rupture à différents niveaux : rupture des codes culturels et sociaux, rupture en tant que révolte contre les stéréotypes du genre, rupture comme innovation et avant-garde, rupture que représente l’œuvre « engagée », entre autres. Le champ d’investigation est intermédial, transnational et transculturel pour une sensibilisation à l’étude comparée de la question du « genre » et aux différences de traitement qu’elle suscite dans les différentes cultures envisagées.
Intervenant·e·s :
Antonella CAPRA (IL LABORATORIO) Marlène COULOMB GULLY (LERASS) Thérèse COURAU (CEIIBA) Margherita ORSINO (IL LABORATORIO) Michèle SORIANO (CEIIBA) Héliane VENTURA (CAS)


Enjeux de l’intermédialité pour le théâtre contemporain

Axé sur le théâtre, ce séminaire s’inscrit dans le prolongement de la réflexion menée en 2014-2015 et clôturée par l’intervention d’Emmanuel Wallon « La politique culturelle au bal des arts. De la hiérarchie des genres à l’interpénétration des scène ». Au cours de 4 séances de 3 heures, il propose de croiser les éclairages de spécialistes des arts de la scène issus de différents laboratoires de l’ED ALLPH@. Son objet sera d’étudier les formes de réception et de dialogue entre les arts, pour voir comment l’intermédialité se définit en tant que mouvement artistique et au-delà des frontières.
Intervenant·e·s :
Fabrice CORRONS (LLA-CREATIS) Flore GARCIN-MARROU (LLA-CREATIS) Jean-Christophe GODDARD (ERRAPHIS) Hilda INDERWILDI (CREG) Emeline JOUVE (CAS) Guillaume SIBERTIN-BLANC (ERRAPHIS)
 

Lieux mineurs : dispositifs esthétiques et enjeux politiques.

Ce séminaire doctoral interdisciplinaire (Arts Plastiques, Littérature, Philosophie & Cinéma) a pour enjeu de présenter des recherches en cours portant sur les images des lieux et les enjeux tant esthétiques que politiques qui s’y rapportent. Nous proposons de décliner ce séminaire en 4 axes, correspondant à 4 demi-journées d'interventions. Nous prévoyons pour chaque séance deux à trois contributions, associant le plus souvent un enseignant chercheur et deux doctorants. Des projections d’extraits de films seront associées aux communications présentées. Ces séances seront suivies de discussions sous forme de tables rondes ou d'ateliers. Une large place accordée aux échanges permettra ainsi de confronter les objets de recherche, les approches et les outils méthodologiques.
Intervenant·e·s :
Patrick BARRES (LARA-SEPPIA) Jean-Yves LAURICHESSE (PLH) Corinne MAURY (PLH) Guillaume SIBERTIN-BLANC (ERRAPHIS) Julien ARNAL (doctorant) Raphaël BERGERE (doctorant) Boris BINEAU (doctorant ERRAPHIS) Loreline COURRET (doctorante ERRAPHIS) Laura LABORIE (doctorante) Guillaume MOLIN (doctorant ERRAPHIS) Théo SOULA (doctorant PLH)


Traités et théorie dans les arts et la littérature en Europe (XIVe-XIXe siècles)

Dès l'antiquité, la réflexion intellectuelle s'articule autour de démonstration qui prend la forme de traités aux sujets les plus variés (philosophie, cosmogonie, nature, amour, etc.). Le monde chrétien s'empare de cette tradition qui se renforce encore à la Renaissance où l'on renoue, par exemple, avec le choix du dialogue maïeutique socratique. Le séminaire vise à retracer la tradition du traité dans l'Europe occidentale en en croisant les sujets : le premier traité sur la légitimité des langues vernaculaires face au latin en Italie, celui sur l'élaboration du genre théâtral en Espagne, la tradition des traités de poétique à partir de l'exemple allemand et enfin un exemple de traité dans le domaine musical à l'époque romantique. En traversant les époques, les sujets et les traditions de différents pays d'Europe, le séminaire visera à souligner la cohérence (ou non) d'une « manière de penser » qui aspire à l'universalité.
Intervenant·e·s :
Françoise GILBERT (CLESO) Jacques LAJARRIGE (CREG) Michel LEHMANN (IRPALL) Jean-Luc NARDONE (IL LABORATORIO)


Politiques culturelles et enjeux de l’intermédialité pour le théâtre contemporain

Axé sur le théâtre, ce séminaire (4x3h) propose de croiser les éclairages de spécialistes des arts de la scène, issus de différentes disciplines. Son objet sera d’une part de présenter les politiques culturelles des aires géographiques envisagées, d’autre part d’étudier les formes de réception et de dialogue entre les arts, pour voir comment l’intermédialité se définit en tant que stratégie culturelle. Le volet des politiques culturelles présentera de manière comparée les institutions théâtrales de différents pays, les lignes éditoriales et les pratiques de traduction. Le volet plus particulièrement dédié à l’intermédialité en considérera à la fois la philosophie, les enjeux, les pratiques et la réception.
Intervenant·e·s :
Fabrice CORRONS (LLA-CREATIS) Jean-Christophe GODDARD (ERRAPHIS) Hilda INDERWILDI (CREG) Emeline JOUVE (CAS) Guillaume SIBERTIN-BLANC (ERRAPHIS)


Images des lieux : dispositifs esthétiques et enjeux politiques.

Ce séminaire doctoral interdisciplinaire (Arts Plastiques, Philosophie & Cinéma) a pour enjeu de présenter des recherches en cours portant sur les images des lieux et les enjeux tant esthétiques que politiques qui s’y rapportent. Nous proposons de décliner ce séminaire en 4 axes, correspondant à 4 demi-journées d'interventions. Nous prévoyons pour chaque séance deux à trois contributions, associant le plus souvent un enseignant chercheur et deux doctorants. De nombreuses projections d’extraits de films seront associées aux communications présentées. Ces séances seront suivies de discussions sous forme de table-rondes ou d'ateliers. Une large place accordée aux échanges permettra ainsi de confronter les objets de recherche, les approches et les outils méthodologiques.
Intervenant·e·s :
Patrick BARRES (LARA-SEPPIA) Anaïs BELCHUN (doctorante) Dany COLIN (doctorante) Sophie LECOLE-SOLNYCHKINE (LARA-SEPPIA) Corinne MAURY (PLH) Guillaume MOLIN Behrang POURHOSSEINI Célia RIBOULET (doctorante) Guillaume SIBERTIN-BLANC (ERRAPHIS) Vincent SOULADIE (PLH-ELH)


L’évolution des notions de « civil, civilité, civilisation » dans la pensée et la recherche universitaire

L'objectif de ce séminaire est de présenter quelques enjeux de la « recherche en civilisation » en les appliquant à des questions sociétales (normes et règles, aires culturelles et générationnelles, structuration des liens entre intellectuels et sphère publique) et en rappelant leurs fondements théoriques culturels, philosophiques, littéraires
Intervenant·e·s :

Jean BERTON (CAS) Patrick CHASKIEL (CERTOP) Françoise KNOPPER (CREG) Fanny NEPOTE (ELIRE, IL LABORATORIO)